FACTEURS INFECTIEUX ET RISQUES DE CANCER AVEC TRAITEMENT PAR ANTI TNF

Le risque de cancer n’est pas augmenté chez les patients avec SpA traités par anti-TNF

Par le Pr Thao Pham (CHU Sainte Marguerite – Marseille)
Article commenté : Cancer risk in patients with spondyloarthritis treated with TNF inhibitors: a collaborative study from the ARTIS and DANBIO registers. Hellgren K, Dreyer L, Arkema EV et al.Ann Rheum Dis. 2016 May 4. doi: 10.1136/annrheumdis-2016-209270.
Il existe peu de données de tolérance concernant les cancers chez les patients avec SpA traités par anti-TNF, et encore moins évaluant ce risque dans les différents sous-types de la maladie : spondylarthrite ankylosante (SA), spondyloarthrites indifférenciées (SpAi) et rhumatisme psoriasique (RPso).
Ce travail avait pour objectif d’évaluer l’incidence des cancers dans 2 populations : – des patients SpA débutant un traitement par anti-TNF pendant la période 2001-2011 colligés dans les registres suédois ARTIS (n=5448) et danois DANBIO (n=3255) ; – des patients SpA suédois naïfs d’anti-TNF (n=28.164) ; en les comparant à un échantillon de la population générale suédoise, apparié pour l’âge et le sexe (n= 131.687).
Les cancers apparus entre 2001 et 2011 ont été identifiés à partir des registres cancer suédois et danois.
Parmi les patients naïfs d’anti-TNF, 1188 cancers ont été identifiés, permettant de calculer un RR à 1,1 (IC 95% : 1,0 – 1,2).
Dans la population de patients traités par anti-TNF, le RR était de 0,8 (IC 95% : 0,7 – 1,0) et les résultats étaient similaires pour les SA et les RPso quand on les analysait séparément. Les auteurs ont aussi étudié le risque pour les 6 cancers les plus fréquents : prostate : RR = 0,5 (IC 95% : 0,3 – 0,8), poumon : RR = 0,6 (IC 95% : 0,3 à 1,3), colorectal : RR = 1,0 (IC 95% : 0,5 – 2,0), sein :  RR =1,3 (IC 95% : 0,9 – 2,0), lymphome : RR = 0,8 (IC 95% : 0,4 – 1,8) et mélanome : RR =1,4 (IC 95%: 0,7 – 2,6).
Chez les patientes avec RPSo, le risque de cancer du sein atteignait le seuil de significativité : RR =1,8 (IC 95% : 1,1 – 2,9), avec 20 évènements.
 En conclusion, on n’observe pas d’augmentation du risque de cancer chez les patients atteints de SpA, qu’ils soient traités ou pas par anti-TNF. On observe même une réduction du risque pour certains types de cancers, comme déjà vu dans d’autres cohortes, qui pourrait être associée à la prise d’AINS. 

Facteurs de risque d’infections mycosiques et par mycobacter chez les patients traités par anti-TNF

Tirée de la Réunion de Bibliographie en date du 28 avril 2016
Par le Dr Véra Lemaire (CHU Lariboisière – Paris) Article commenté :Risk factors for targeted fungal and mycobacterial infections in patients taking tumor necrosis factor inhibitors Salt E, Wiggins AT, Rayens MK et coll.
Arthr. Rheumatol. 2016 ; 68 : 597-603
Sur 30.772 patients traités par anti-TNF, 158 ont été ont reçu un traitement contre une infection mycosique ou par mycobacterium. Ils ont été appariés à 474 contrôles traités par anti-TNF qui n’avaient pas eu de traitement d’une infection mycosique ou par mycobacter. 60% étaient des femmes, l’âge moyen était de 46,7 ans.
L’etanercept était l’anti-TNF le plus fréquent (42%) suivi par l’adalimumab (37%, l’infliximab (21%). 15% avaient un diabète, aucun n’était porteur du VIH. La moitié des patients était aussi traitée par un médicament à risque élevé d‘infection : azathioprine, leflunomide…
42% avaient une corticothérapie à faible dose. La moitié avait eu un dépistage avant traitement par test cutané à la tuberculine et radiographie pulmonaire. Il n’y avait pas de différence entre les patients traités pour infection mycosique ou par mycobacter et les patients non traités, tous recevant un anti-TNF.
Dans 61% des cas, il s’agissait d’une tuberculose, d’une histoplasmose dans 60%, d’un mycobacterium non tuberculeux dans 11%, d’une coccidiomycose dans 10%, d’une mycose non spécifique dans 8%, d’une blastomycose dans 4% d’une cryptococcose dans 3% et d’une pneumocystose dans 2%.
Comparés à 474 contrôles appariés pour l’âge et la durée de la surveillance, 55% des cas étaient traités par la prednisone versus 37%. Le risque d’infections mycotiques ou mycobactériennes était doublé en cas de corticothérapie.
Analyse de l’article
Les infections opportunistes sont rares au cours de traitements anti-TNF (0,50% dans cette série). Le principal facteur de risque est la corticothérapie même à faible dose. Les principales mycoses listées ici n’existent pas en France.

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