Peut-on identifier plus précocement les patients atteints de spondyloarthrite axiale ?

Par le Pr Guillermo Carvajal Alegria (CHRU – Tours)

Article commenté :Can we identify axial spondyloarthritis among young adults referred to non-rheumatology specialists? Results from the SHERPAS study ; D Benavent, M Tapia, D Bernabeu et al.

Malgré des efforts importants, le délai entre le début des symptômes et le diagnostic des patients atteints de spondyloarthrite axiale reste long. Arriverons-nous à réduire ce délai diagnostique ?

Introduction :

Cet article publié dans le numéro d’octobre de la revue Seminars in Arthritis and Rheumatism propose une approche originale afin d’essayer d’identifier plus précocement les patients atteints de spondyloarthrite axiale.

Les auteurs proposent un « screening » des patients passant une IRM du rachis pour le motif « rachialgie chronique ».

Que retenir ?

Dans cette étude prospective, observationnelle, monocentrique, les auteurs ont inclus 268 patients, de 18 à 40 ans, atteints de douleurs rachidiennes chroniques et à qui une IRM du rachis avait été prescrite par un médecin non-rhumatologue. Ces patients ont rempli un questionnaire.

L’IRM du rachis a été étendue pour inclure les articulations sacro-iliaques et les patients ont ensuite vu un rhumatologue afin d’essayer de déterminer s’ils pouvaient être atteints d’une spondyloarthrite.

Finalement, 22 des patients inclus avaient une suspicion de spondyloarthrite, soit environ 8 %. Et parmi ces 22 patients, huit avaient un diagnostic certain de spondyloarthrite. Il est très intéressant de voir les éléments du questionnaire associés au diagnostic de spondyloarthrite. Sans surprise, il s’agit de la pygalgie, d’une amélioration des douleurs sous AINS, de la présence du HLA-B27 ou d’une CRP élevée. Il s’agit donc de critères « attendus ». À l’inverse, les résultats de l’IRM peuvent sembler décevants.

Les principales lésions observées au rachis sont classées comme dégénératives et des anomalies des articulations sacro-iliaques étaient observées dans près de ⅓ de la cohorte.

Discussion :

Cette étude soulève deux constats. Le premier est que ce sont toujours les éléments cliniques qui sont les plus utiles pour « screener » les patients à risque de spondyloarthrite. Le deuxième constat concerne le choix de la population à évaluer.

En sélectionnant des patients jeunes, à qui une IRM a été prescrite pour une rachialgie par un médecin non-rhumatologue, le rendement reste assez faible, mais pas inintéressant. Cette stratégie utilise un questionnaire simple avant de passer un examen ciblé pour être discutée afin d’accélérer le recours à une consultation de rhumatologie.